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février 6, 2011

Poétistique…

Filed under: Société — Roger Dadoun @ 9:48

Prenons deux images poétiques, vite, ornons-les de capitales, et écoutons ce qu’elles disent. Ecoutons le mot « Poète ». Un ange passe. On est prié de ne pas sourire. C’est l’ange de la poésie. On entend dans les poèmes de Rainer Maria Rilke de palpitants frémissements d’ailes d’anges : cela s’appelle souffle poétique. Premier vers de la Première des Elégies de Duino : Wer, wenn ich schriee, hörte mich denn aus der Engel – « Et qui, si je criais, m’entendrait donc depuis les ordres des anges ? ». Deuxième élégie : Jeder Engel ist schrecklich – « Tout ange est terrifiant. » Les citations en allemand ne relèvent pas seulement d’une tradition philosophique de cuistrerie pro-heideggerienne – elles signalent d’entrée de jeu que la poésie est articulation inouïe de la langue : à partir du « cri » (schriee) et du « terrifiant » (schrecklich), termes qui s’appellent et se répondent, tandis que se déploient résonances et échos de la lettre, ordonnancements et phrasés des mots, péripéties sismiques des enchaînements aux rythmes inattendus, auras qui pourraient être le mystère même de l’âme, son opacité rayonnante et ses bruissements mutiques. Ainsi s’avançant face nue, et lors même qu’il bat des ailes et pousse le cri qui déchire, le Poète suscite-t-il rictus et silence. Mais face nue n’est qu’apparence, figurativité, celles que contemplent, rigolards, Monsieur Homais ou le maniaque Vermot, ou le boucher à son étal gonflant ses sursaillants biceps englottés en son obèse argot louchebem. Qu’on se le dise : face de poète n’est qu’effigie d’un masque – qui est le masque même de la poésie, masque nu à fioritures agissant, saillie paradoxale, en démasquante nudité – une langue d’autant plus mise à nu qu’attifée toute d’effets rhétoriques patchwork qui sont comme la mise en mascarade du langage, les mots les sens se défaisant les uns les autres, les voiles se tissant et tombant en façon Pénélope, acharnées à lever un voile ultime qui n’existe pas : c’est la peau même de l’humanité qui est là, qui affleure, et frémit, animée ( « vivant » – de anima, âme, souffle, air, animus, âme, esprit, volonté) d’un orgastique frisson (Reich : « La fonction de l’orgasme est la fonction même de la vie ») – peau d’âme qui est infra-minceur ascétique, et la plus humainement éthique (n’y toucher qu’avec « délicatesse », qu’avec doigté, et par doigts d’Eros). (Un vague écho quelque peu prudhommesque et poétistique dans Le vase brisé de Sully Prudhomme !).

Un portrait de Galton

Tel est le terreau poétique – air, terre, sang, feu et océan (comme le racontent, gambadant au milieu d’innombrables poètes, les essais de Bachelard sur « l’imagination de la matière »). Mais comment vraiment le fouler, ce refoulé tenace qui va frappant la langue à sa racine, quand de partout, le poète surgissant, le cliché l’accompagne et l’emporte : crinière rimbaldienne, barbe verlainienne, ou un peu morbide à la Musset, ossature faciale à la Artaud, et têtes lourdes de bonhomie et gravité des académiques aux boucles océanes ou à la calvitie lumineuse, apprêtées pour les lauriers, à la Leconte de Lisle, ou front immensément pensif d’un Hugo – bref, la culture se met au garde-à-vous, et alors salut à vous, Héraklès ou Samson du verbe, vous qui venaient à nous en « Géants », comme le serina une soirée de la Maison de la Poésie. S’emmonte de la sorte une espèce de portrait composite par superposition à la manière de Galton, avec mêmes traits qui insistent, que j’ai tenté de saisir au vol, dans cet extrait d’un poème (lu au Théâtre-Poème) que j’avais consacré à Robert Desnos, poète du Langage cuit, sous le titre « Langage dur à cuire », dans Les Dits d’Eros:

Tu nous la ramènes trop, Poète,
avec ta bellâtre théâtreuse tête
au grand nimbé frisottant chevelu
que strient blanchâtrement
quelques pilosités sénescentes
ou qu’irradie, comme astiquée d’éclairs,
la luisance irréprochable et sincère
du crâne nu,
ou que barre, tiens donc, ta mèche
barrèsement rebelle
folâtrant en commissure d’œil de sorte
que s’y aiguise la virgule
– elle, c’est petite vierge ou verge petite –
d’un tapinant clin-con.

Entre poète et poésie

Il y a, étrangement, entre la poésie et le poète un abîme – d’autant plus troublant qu’ils sont si proches, si intimes, si consubstantiels qu’on les fond et les confond l’un avec et dans l’autre : le poète fait de la poésie, la poésie fait du poète. « Que faites-vous ? – J’écris. – Qu’écrivez-vous ? – Je fais de la poésie. – Ah ! ». D’où, alors, l’abîme? C’est assez simple, il suffit d’un banal constat, d’une pure écoute : écoutez tintinnabuler « poète », écoutez tinter « poésie ». Tout est dit. Que disent-ils ? Entre eux deux s’étire le grand écart. Le mot « poète », laissez-le retentir en vous, accueillez les grappes d’images agglutinées sur lui. Le bilan, plus ou moins échevelé, affectionne la pilosité : barbe (le poète comme négligé, « bohême », « rom », voire sale – mais le cliché a changé, la tendance du jour est à qui désormais s’embarbouillerait pour faire dans le genre cool, libertaire, poète chicos), et cheveux fous (le poète comme fou, c’est su et insu de tous – mais, ô réel, le capillaire aussi a changé de teinte), la tête pas sur ses épaules mais toute ailleurs (le poète comme bâfreur de nuages et de nuées, une patate bouillie le comblerait – mais la donne là encore a évolué, société de consommation et orientation « nature et bio ») ; qu’il soit désadapté, nerveux, désespéré, à la romantique, plus d’un téléspectateur se jouant la compassionnata en conviendrait – d’autant qu’il ne connaît rien à la caractérologie de l’éminent philosophe Le Senne, qui mobilise des poètes en masse pour illustrer le caractère EnAP, Emotif-nonActif-Primaire, étiqueté « Nerveux », entrant en concurrence avec quelques poids plus lourds, dits « Sentimentaux », EnAS, Emotif-nonActif-Secondaire – le caractère « Passionné », EAS, Emotif-Actif-Secondaire, qui fait le plein des potentiels des facultés de l’âme, étant réservé à quelques rares « Géants » (inscrits au patrimoine de l’humanité). On voit ainsi défiler un cortège de têtes à la Verlaine, Rimbaud, Musset, puis Leconte de l’Isle, Vigny, puis Dante et Shakespeare, et al.
Pour ce qui est d’entendre « poésie », c’est une autre affaire. Celle-là, pour aller la chercher, c’est une sacrée traque – rien de moins que la vraie traque d’un vrai sacré ! Il faut aiguiser son regard, trafiquer un troisième œil pour voir et une troisième oreille pour entendre, et retourner sa langue sept fois dans sa bouche – sans être sûr de vraiment approcher une poésie emmagasinée en manuels et magazines. D’autant qu’est venue savamment brouiller les cartes une dite « Poétique », terme devenu d’usage universitaire courant, valant titre pour une revue rare, Poétique, dont les analyses littéraires très « thésardisantes » bourrées de références sont destinées quasi exclusivement aux professeurs d’université à travers leur bibliothèque d’établissement (car qui l’achète, hormis les auteurs, et encore ?). Nous y nageons en pleine rhétorique, et sémiotique (séméiotikè), et génétique, et narratologie, et métalangage ; les notes sont très fournies, parfois égales ou supérieures en quantité de signes au texte lui-même (garantie de sérieux et de savoir – on sait de quoi l’on parle, non ?). On trouve assurément dans Poétique des développement fort suggestifs, souvent solidement argumentés et éclairants, ressortissant presque toujours à ce qu’on nomme la « Poétique » (tendance fréquente à l’assimiler à la toute récente « Poïétique », laquelle est plus attachée au « poiein », aux mécanismes, processus et modalités gravitant autour du verbe « créer »). Poétique concernant plus spécifiquement, entre autres, l’étude du poème comme tel, de sa rhétorique et de son euristique (comment le « lire », comment y déceler et olfacter ses « fleurs » ?), il serait peut-être plus approprié d’utiliser un terme comme « Poétistique » qui, nous orientant dans la catégorie des pratiques en « istique » (« patristique », « balistique », « footballistique », et beaucoup d’autres à connotation « scientifistique » – aucun lien avec l’arabe istiq-lal, qui veut dire « indépendance »), focalise plus sur l’objet « poème », et s’emploie avec obstination à dégager les « mesures » de la poésie – statistiques, stylistiques, rhétoriques, historiques, ou autres – ce qui la rendrait encore plus proche des machines à calcul et recension, des ordinateurs, et des courbes mathématiques (en fut l’enjeu emblématique le fameux sonnet de Baudelaire « Les Chats », tels qu’ils surent miauler en austère et savante cadence aux oreilles de Lévi-Strauss et de Jakobson).
Nous serions, pour notre part, plus enclins à envisager une autre approche qui serait, tout en les exploitant, indépendante (istiqlal nous revient) de toute « mesure » et apparat technique – approche « sans mesure », démesurée, immesurable même, se préoccupant avant tout de fouiller, farfouiller dans le rapport du poème (confrontation, alliance ou conflit) – plus ambitieux et plus risqué, frontal, voire direct (est-ce possible ?) – avec les éléments constitutifs de la structure humaine, de l’anthropos, travaillant à l’anthropie, à la question de l’ « humain », approche qui, de ce fait, pourrait être qualifiée d’ « anthropoétique ».

… et anthropoétique

La Poétistique – balistique des mots (voire des lettres – ce qui nous conduirait, chiffres battant, en direction d’une kabbalistique aux gématries fulminantes), casuistique du sens, stylistique des phrasés – tendent à privilégier les appareillages techniques qui ont le plus souvent pour effet, lors même qu’ils le traquent et le portent au pinacle, de refouler ce que l’on peut imaginer être le sens profond de la poésie (mais, Dieu mis à part, quel autre sens pourrait-elle avoir ?) : l’homme – ce qui est apparemment la plus extraordinaire des lapalissades, puisque l’homme ne cesse de et ne peut que : se nommer lui-même !
C’est vers cette structure humaine que se trouve orientée la poésie telle que l’entend une Anthropoétique. Ce qui donc donnerait à la poésie sa plus haute puissance, c’est cette espèce de lapalissade oxymorique (on n’y coupe pas – c’est quelque chose comme : le même est le même s’il est l’autre): elle va fouiller dans les abysses, insondables, de l’être de l’homme, par mots et images, en leur plus profus et ascétique déroulement, en leur plus coruscant et sombre éclat. Faut-il, comme on ne l’a que trop fait (mais pas assez !), en appeler, inépuisablement et patrimonialement, aux textes des Dante, Shakespeare, Goethe, Corneille, La Fontaine, Hugo, au Cantique des Cantiques, et à quelques autres d’analogue envergure dans le temps et dans l’espace – textes infinis qui nous parlent (en leur langue essentielle), nous atteignent (au creux de l’âme en sa plénitude) et nous marquent (dans notre plus haute position d’êtres de culture), qui fonctionnent en nous et en nos sociétés comme traumatismes et impératifs culturels originaires, qui s’apparenteraient, avec leur pouvoir de création permanente et l’éclat sans cesse innovant de leur rationalité, au traumatisme de la naissance telle que la conçoit, en son fascinant surgissement et sa fabuleuse amplitude, le psychanalyste Otto Rank.
Je parle de Naissance alors même que ce qui, en anthropie, me vient en force et en urgence à l’esprit est la Mort. Dans les deux cas, sur ce double versant, Naissance et Mort, si souvent conjoint, on a affaire à la plus implacable nécessité, et cette ligne de force de l’anankè, de la Nécessité, traverse de part en part la poésie, qu’elle suscite et fait advenir au forceps. Tu accoucheras dans une jubilante souffrance, poète. Crache l’enfant, écris – ou crève ! S’alignent de même, avec une égale poigne et prégnance, ces autres puissances souveraines que sont le Temps, l’Eros, la Nuit, la Nature, « Dieu ». Qui a besoin de s’en assurer retournera, pour leur faire et s’en faire fête, aux auteurs et textes illustres, et s’écarquillera l’œil et l’esprit à reluquer et ruminer les citations légendaires enfilées de génération en génération.

De conférence grosse en poème nouveau-né

Comme il ne saurait être question de s’engager dans une analyse anthropoétique encore hasardeuse, où le moindre mot exigerait des développements démesurés [j’eus l’occasion, récemment, d’utiliser, extraite de l’Enfer de Dante, la citation célèbre : « Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate » – « Vous qui entrez, laissez toute espérance » – et j’ai pu constater à nouveau à quel point, dans sa banalité même, elle résistait, en son lieu poétique, à nous laisser nous en sortir, – on ne s’en sort donc jamais, de ces machins-là !], je dois me contenter, à titre de maigre et faible illustration, de citer un mien poème tout récent, écrit par une nécessité qui s’est imposée à moi de façon presque abusive, en liaison avec une conférence que je tenais, samedi 9 octobre, à Meuzac, devant l’Association des Amis du Père Castor sur les thèmes : Enfance, livres d’enfant, pédagogie, relations adultes-enfants, etc. Tout en prenant place dans le cadre de la littérature enfantine dont le Père Castor est un des fleurons (la Médiathèque du Père Castor à Meuzac en est l’élégant et faste témoignage), l’Enfance était abordée dans la perspective qui m’a paru les plus appropriée et la plus stimulante : anthropo-psychanalytique (anthropoétique ?). S’y croisaient, pour cerner le mystère de l’enfance, outre les rappels de quelques faramineux (étymologie animale incluse) contes et livres de littérature enfantine (dont Les Contes de la Mère l’Oye de Perrault), les courts et lumineux articles de Ferenczi (Confusion de langue entre les adultes et l’enfant), La psychanalyse des enfants de Melanie Klein, la théorie ontogénétique de la culture de Geza Roheim (Psychanalyse et anthropologie : la façon d’élever les enfants détermine la culture), le « devenir-enfant » de Groddeck (qu’il met en parallèle avec un « devenir-femme), les « enfants de l’avenir » de Wilhelm Reich, l’utopie pédagogique libertaire d’Emile Masson, les « enfants vous êtes jésus » de Péguy dans Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu, etc. – le tout sous les auspices de la magistrale formule, toute enceinte d’un prodigieux avenir, du psychologue Henri Piéron : « Derrière le bébé, il n’y a pas seulement les neuf mois de la conception d’un individu, mais les millions d’années de l’espèce » – tandis que nous tient, dans sa ligne de mire, l’œil paterne-materne de Freud déclarant son admiration pour « l’intelligence rayonnante » d’un enfant de quatre ans (et d’un an, alors! et de six ans, pour sûr ! et de dix donc !, etc.), et rappelant qu’il est allé chercher son inspiration analytique aussi dans les « nurseries » : l’enfant , père de la psychanalyse ? Oui. Et c’est en plus lui, l’enfant, qui la fait grandir, elle, la psychanalyse !
Pour un tel programme, qui est moins chargé de pédantisme que d’âpres et exigeantes interrogations (comment faire avec l’enfant ? comment évaluer et intervenir dans les relations adultes-enfants, fondatrices de culture ? comment reconnaître et mettre en valeur le formidable potentiel-enfance salement avili et dilapidé, par nos temps d’obscènes gâchis ?), il m’a paru utile d’annoncer la couleur sous forme d’ouverture poétique, consistant en un nouement d’images et de sons (la rhétorique s’y retrouve, mais on y verrait plutôt, le poème étant aussi une forme de « pensée sauvage » bricolante, quelque chose de plus concret et de plus apparenté au langage véritablement nodal de la cordelette à nœuds – noeuds-repères – à la manière archaïque indienne) – poème en forme de noeuds, dont l’imagerie, le rythme, les figures, les tropes, les articulations, tout en se voulant projection éveillée du « rêve du nourrisson savant » de Ferenczi, et échos plus ou moins présents ou évanescents de tout ce qui vient d’être dit, prolongeraient la note musicale impliquée dans le titre même de la conférence, emprunté à une chanson d’Hélène Marin, poète-chanteuse à la voix d’or : « Enfance écrite en lettres d’or ». Paroles de nouveau-né.

[P.S. Regard fixé sur la conférence explicative, j’ai été amené à en dire beaucoup : un « beaucoup » qui puisse être « saisi » dans le poème. Peu y passe. Mais ce n’est pas grave : il est dans l’essence de la poésie de digérer le « beaucoup » à la façon des vaches et d’en donner « plus » à la façon des dieux.]

Le nourrisson savant

Hommage à Sandor Ferenczi,
psychanalyste de l’enfance,
« enfant terrible » de la psychanalyse

Mon nourrisson qui sait, restitue nos mémoires.
Largue-nous loin d’ici où tant de paroles torves
Effleurent les eaux premières en éphémères moires,
Fantasmes et terreurs charriant pleurs et morves.

Remontons au plus haut dans les bulles du temps,
Ouvrez, ouvrez, enfants, les pages pléistocènes,
Que pierres, poussières, silex peuplent, enchanteurs, nos scènes,
Pour qu’ors, cendres ou rouilles, affleure l’éden d’antan.

Primordiales synapses tressant nos peureuses ténèbres,
Insolites, tant de tendresse que d’ivresse, denses s’enlacent cellules filles d’éros,
Délivrant le cri nu d’une renaissante enfance qui, sang et souffle et os,
Fougueusement freine, des migrantes maigres meutes humaines, les filiations funèbres.

Ô ce vagissement sublime surgissant nu hors une matrice de grâce,
Te voici, femme advenant mère toute et de prime allégresse,
Alliée au mâle farouche soudain vibrant d’une vrillante et inouïe tendresse :

Au pas de l’inné triomphant, semeur ébloui de signes et de traces,
À jamais se déploie, sur une terre ensemble d’accueil et de détresse,
Assoiffée de lumière, ineffable promesse
– Une humanité une.

(Note biographique sur l’auteur)

Roger Dadoun a publié plus de poèmes qu’il n’en a écrits ( !). Peu. La plupart traitent d’êtres chers qui meurent. Il envisagea un bref temps d’écrire, sans les publier, des poèmes sur des êtres détestables vivants (directeurs de revue, éditeurs, gens de radio, collègues) qui ont salement noirci son honorable perception de la condition humaine. Mais ça n’en valut pas la peine.

Cultures & Sociétés, n°17, janvier 2011. Dossier : « Poètes, vos papiers ! ».

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