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octobre 19, 2010

QUAND QUATORZIÈME SONNERA L’HEURE (de la Cité future)

Filed under: Poésie — Roger Dadoun @ 4:50

1.

Cet IMM,

ô fureur de mes maux,

je l’ai en haine,

et ennemie non moins funeste à mes yeux se débonde

l’ébouriffée Porte d’Orléans,

grimaçant Moloch qui dégorge déglutit ses foules hagardes

sur la Cité pute.

Largué, aux frontières banlieusardes,

le martial Leclerc,

statue de commandeur sur érection de canne

dressée en son socle blockhaus,

l’avenue éponyme bute et se fend

sur la morgue butée de ces deux increvables verrues :

l’Église d’Alésia se hisse, sphinge racoleuse d’édens,

sur la fourche signée Basch Victor des avenues Leclerc et Maine,

tandis qu’en plein Denfert, ô damnation,

le Lion de Belfort,

farouche félin fiérot trônant étron de fer

sur la pétrifiante symétrie des catacombes,

tend sa croupe à queue aux cinq artères qui mènent,

paume grand ouverte,

au cœur palpitant de la capitale.

Froidevaux, Raspail, Saint Michel, Arago, Saint Jacques,

je vous salue,

braves chaussées du quatorzième libérateur filant net

vers la fière Cité Cythère.

(Sinon, l’ami, sache,

y’a pas photo,

qu’aguerri ou non du quartier,

toute proche s’offre en bras d’honneur,

honneur de haute bouffe,

havre de paix artiste,

l’encastrée rue Daguerre ;

cours-y donc illico y cuver tes rancoeurs libertaires !)

2.

Mais moi, dites, comment moi m’évader de la fade mal

fagotée rue Emile Faguet,

préputiale excroissance où s’exténue, excentrée,

enfilée par périph en folie,

la reptilienne et chère Tombe Issoire ?

Pauvre Emile, quel scolaire renvoi revanchard

t’a réduit, toi, pour fichus bacheliers critique vicelard

inconnu des taxis,

à n’être rien qu’un 2 et qu’un 12,

hoquetant mérycisme d’universitaires vachards,

car il n’y a rien dans l’entre-deux ni rien en face –

rien, sinon deux pans pavillonnaires de Cité U,

l’Asiatique jaune pâle aux guipures de tuiles incarnat,

et le Néerlandais, carcérale grisaille.

Ah certes, collègue, tu peux, chassant

à l’écart des débouchants maréchaux,

rêver aller, baguenaudant,

écrivailler en Villa Cœur-de-vey,

qui voit passer, goguenarde, l’ombre de Beckett,

rêver pointillistement crécher Villa Seurat,

où au 18, salut à toi, ô Fraenkel cher hôte,

Miller chevauche en érection le Tropique du cancer,

ou tache, Villa Soutine, de survivre en sourdine

aux trop proches vilénies urbaines …

3.

Oui oui vous dis-je, rêve fou en nous insuffla,

ô suprême souffrance,

ce renommé IMM,

Institut Mutualiste Montsouris –

bleu bandeau de lettres capitales

matriciant le ciel,

luminescent néon,

sixième étage aux luisances duveteuses

tel l’arrondissement maternel d’un sein,

irradiant, dans la ténèbre du soir,

au balcon de nos yeux fascinés,

un toujours nouvel espoir.

Boulevard Jourdan, face à Cité U

pacsée avec parc Montsouris qui lui réserve

ses inouïes fragrances,

l’Institut, verre et alu, se la joue Bauhaus,

il s’élance aérien, spacieux, en hall d’aéroport,

avec allée gris perle pareille à un tarmac

déployant, sous verrière de nuages, des miracles d’envols,

ô consultations salutaires pour sublime Santé

– « tu montes, chéri », dit-elle, au visiteur hagard

déchiffrant les panneaux prometteurs où scintillent

les rassérénants rêves qu’émoustillent

les lettres magiciennes à queue de « logies »,

hôpital de jour premier étage,

et café sur mezzanine avec vue sur tramway : 0 euro 90.

De la fenêtre d’angle Jourdan-Faguet,

nous contemplions ce fabuleux sixième étage,

notre septième ciel,

qui rayonnait de l’étrange aura qu’exsude « Soins Palliatifs »

sous la haute houlette d’une Marie pleine de zèle sinon de grâce.

Eh, eh, murmurait ma morte aimée se marrant in petto,

que voici là, quoique sis en hauteur,

un merveilleux point de chute

– tandis que le cancer en hausse

poursuivait au pas d’course

ses silencieux périphériques cheminements.

4

Mais quoi, là hélas aussi

faut prendre son ticket,

attendre son tour,

tour opérator pour mort douce.

Ticket demeuré en souffrance,

fallut alors ambulancer vite fait mal fait

avec infirmiers sadiques

coursant contre la montre

fonçant hilares sur l’hosto de Gonesse

terre de détresse.

Et allez donc, pas de quartier :

on ne peut plus à son gré, même,

ô misère,

mourir en quatorzième !

5

Enfin bon, ça c’est mot de passe,

passons :

tout vient à point

à qui sait attendre,

à qui sait utopieusement

chercher midi à quatorze heures.

Apprêtons-nous donc,

ô frères et soeurs humains,

à cueillir ensemble à la bonne heure

la bonne nouvelle :

patients et patientes, ô patience, le jour viendra quand,

quatorzième, plus solaire qu’un Louis,

royale sonnera l’heure du midi ultime

de cette humble chose que,

cliquetis d’os,

cellules dingues

nous sommes,

midi posthume quatorzième heure composera

de ses feux renaissants

la mort la mort toujours recommencée.

6

Au cœur de notre quartier

quatorzième futuriste,

emmonté chicos,

s’érigera

la Maison des morts,

abri sûr pour tous les vivants,

propice

à quiconque désire prier,

à quiconque s’entend à gémir,

à quiconque se plaît à dégainer ses plaies,

à quiconque sied bien la cendre le cilice

– mais avant tout, rêvons-y rêvons vite,

MAISON MÈRE DE LA MORT,

où tout ne sera plus,

sur notre seule amère terreuse terre,

qu’ordre et beauté,

luxe, mort et volupté.

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