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octobre 19, 2010

Kitej // quitté-je // Mortibus ? Passage du Témoin

Filed under: La philosophie — Roger Dadoun @ 4:37

De Mortibus …

Mortibus, avec sa frappe abrupte, lance et laisse une résonance de mort – que répercute et exagère un grondement de bus – le Bus à Charon, le Grand Rafleur, toujours ramant certes, mais en outre machiniste déporteur pour camps de la mort et avionneur charter pour eugénique citoyenne ? Mais y’a pas qu’ça, non yapaxa ! Avec Mortibus, non, nous n’étions pas pacsés ! Mais nous n’oublierons pas que la revue portant ce nom, nom auquel un temps nous résistâmes, se voulait matrice de vie – comme le proclame l’expression latine d’origine, que l’on doit à Paul ex-saint mais toujours causant dans des kyrielles d’homélies dominicales méli-mélo. [Je n’avance ici le dit Paul, auteur présumé du Mortibus, que comme étant la reprise ou l’avatar évangélique du Saul biblique, lequel Saul biblique, que Dubourg nous montre traversant presque en saltimbanque le Livre de Samuel, incarne aussi le Sheol hébreu, soit le « séjour des morts ». Or en vérité, d’un tel séjour biblique toujours « dans le lac », on ne sait rien, on ne connaît pas, on ne cerne pas : il n’y a pas d’enfer chez les Juifs, ce pourquoi la postérité de Paul-Saul-Shéol – qu’on appelle chrétiens ou « Gentils », qui, croix de bois croix de fer, s’y connaissent fort, eux, en enfer portable clouable – s’est chargée de leur en fabriquer un, spécial, d’enfer. Laissant donc l’enfer dans les limbes, dans la nuit et le brouillard, on ne parlera ici, régnant relais, que de Passage.]

L’expression latine d’où s’extraya Mortibus est : E mortibus nascimur ad vitam.

Matrice de vie paulinienne, mais surtout shéolienne en diable – oxymorique à fond : dès lors que mort et vie il y a, matriciantes co-itérant d’un même pas, ça part nécessairement dans tous les sens. Versant ascendant :

Naissant des morts, nous allons vers la vie.

Issus des morts, nous naquîmes en vie.

De la mort naît la vie.

Versant descendant :

La vie vers la mort va.

Le vivant a son destinal (halal) dans la mort.

Du vif naît la mort.

[Le Nu descendant un escalier, de Marcel Duchamp, proposé pour exposition,  effraya les organisateurs cubistes d’avant-garde. Y virent-ils, échelle de Jacob tête en bas, une « descente en enfer » ? Ils refusèrent le tableau – vade retro, Satanas ! – et le cachèrent, le firent disparaître dans un cagibi, d’où il renaquit un jour, pour sa plus grande gloire, fractalisant une merveilleuse descente de surfemme en notre carnet d’éros.]

C’était donc écrit, mektoub, dans sa ligne de vie: la revue Mortibus, jouant les samouraïs, mit fin un jour à ses jours, en toute lucidité et dans la force de l’âge – mort volontaire, seppuku, ou, en moins érudit, hara-kiri ; mort loyale, qui pourrait même, se tressant couronne à elle-même, affirmer : « mission accomplie ». Mais il y eut l’autre sinistre face, l’ad vitam soudain meurtri, annihilé, cette mort que nous connûmes – série d’enfer – comme la plus déloyale, la plus scandaleuse, la plus à jamais inassimilable des morts, celle qu’inscrivit au long des jours insatiables de malheur la petite et lucide Lomé, tandis que, toujours à pied d’œuvre (œuvres ici présentes), elle nous quittait, à petits pas comptabilisés, avec la cruelle douceur et la noblesse impavide de l’enfance.

Nous quittait, dis-je ? Nous quittait, redis-je ?

Nous quittent-ils, les morts ?

Comment nous quitteraient-ils, si tout le vif de leur vie, qui nous a nourris, n’eut de cesse de passer dans notre chair et dans notre âme, et n’en finit pas d’entrelacer ses fils dans la trame de notre vie – notre trame-mort de vie, qu’ils avèrent, implacables ?

Eux autres, disparus, nous ont nourris, oui, et pas nous eux. Chaque Soi, quoique pavane hargneusement nouée, est une bouche vorace qui absorbe tout, qui fait table rase de tout ; bouche faite pour n’offrir rien, ne donner rien ; bouche de vie, qui est inextinguible Soif dès la première cellule, qui est ventouse du Soi, auquel tous les noms conviennent, car elle est tous les noms : désir, conatus, vouloir-vivre, narcissisme, et autres appellations, toutes divagantes, extravagantes, incontrôlées. Le label affiché s’entend de tous côtés, se veut dit par tous, en cet affreux déni : « c’est la vie » – mots dits aussitôt que se pointe une griffe de mort.

… en Kitej

Voilà pourquoi résonne en nous avec tant de force, avec violence même, dussions-nous en pâtir, ce nouveau kit de revue, ce quitte qui double, ce Kitej re-inaugural, qui « s’origine » (ainsi causent les non-originaux), qui ne prend naissance, paradoxe, qu’en soi en même temps qu’en Mortibus (quitté pour être redoublé !), – en commençant par faire le Vide, en se fondant sur cette formidable lapallissade, qui n’est rien de moins, ce rien, que le tout de la philosophie et sa fondamentale ou fondatrice ineptie, ineptie gorgée de cette inepte dualité que sont le vide (cause toujours et cours après) et le commencement (comme le temps passe, n’est-ce pas) qui s’agencent courtoisement en veule apophtegme : au commencement était le Vide. [C’est pourquoi, me fiant ici à la seule musicalité, je propose de transcrire la première phrase de la Genèse et de la Bible : Bereshit bara elohim (rendu célèbrement par « au commencement dieu créa ») par : « brève chute, se barrent les elohim » – chute, instantanée, dans le vide évidemment, dès lors que se retirent, se barrent, s’éclipsent les formes divines, l’autre nom de dieu, lequel, en tant que trop plein parfait, se doit de se mettre en retrait, tsimtsoum, de faire le vide, pour que puissent advenir « la terre et les cieux »]

Quitté-je là mon « quitté-je ? » du début ? Non, j’y suis à plein (le plein du Vide, on y est bien). Car Kitej se lit et s’entend exactement comme ce qu’il apparaît : Kitej. L’encyclopédie, nécessairement consultée et questionnée (Kitej qui ? Kitej quoi ? qui, dis-tu ? qui t’ai-je dit ?), nous raconte que « Kitej ou Kitège était une ville légendaire qui se trouve aujourd’hui dans le district Voskressenski dans l’Oblast de Nijni Novgorod en Russie. » Oublions « Nijni Novgorod » qui chante à notre oreille en liturgie russe, et élevons Kitej en cité d’Utopie, le contraire du Sheol, opaque contre-utopie : universelle utopie d’un séjour des Justes, des heureux élus, happy few, qui iront s’immerger dans le lac Svetloïar pour un baptême d’éternité. Les Justes verront des feux (inutile d’allumer) et entendront les cloches (inutile de sonner). Peut-être, aux yeux des plus clairvoyants (eyes wide shut, pour sûr), une croix s’érigeant hors d’une coupole d’or engloutie se dessinera-t-elle pour faire signe – un signe nu, pur. Dès lors qu’une revue s’appelle « Kitej », elle ne saurait manquer de faire miroiter ces lumières légendaires – la philosophie des Lumières, l’Aufklärung, phosphorant en légende ! – et de faire monter à la surface de nos présentes pestilences les claires bulles d’un fantasmatique oxygène spirituel enfoui.

Cela pourrait paraître folklorique. Ça l’est, un peu. Mais nous, enfants de Jeanne la Lorraine (centième anniversaire, aujourd’hui, du mystère de la charité de Jeanne d’Arc, de Péguy, auteur du Marcel, premier dialogue de la cité harmonieuse, laquelle n’est pas tant la cité des justes qu’une cité de justice, échafaudée en ses premières années dans la Revue socialiste par l’écrivain anarchiste), nous, donc, c’est les « voix » que nous entendons, c’est elles qu’il convient d’écouter, car c’est elles qui nous parviennent, qui nous traversent, qui nous inséminent. [Ernest Jones, le Britannique sensualiste freudien l’a bien entendu de cette oreille : il nous ressort – salut à toi, ô Mère Psychanalyse – la fable, qu’entretinrent nombre de Pères de l’Eglise au Moyen-Age, de « la conception de la Vierge par l’oreille » – ce qui pourrait s’entendre, rabattu sur notre inconscient auriculaire, par trop négligé, notre « sourde oreille » : nous sommes tous vierges par l’oreille, nous sommes tous des puceaux de l’écoute, onaniquement tendant et bandant l’oreille, pour chaque fois laisser tomber la musicale semence].

Entendre donc, très fort, le dit Kitej : quitté-je ? Pour nous tenir hors folklore, serait-il dûment métaphysique. Peut-être est-ce bien cela, cette interrogation, qui a commandé la conception de la revue : chercher à savoir (pulsion otophilique relayant intégrant – passage du témoin – la pulsion scoptophilique) ce qu’il en va de la question de ce que l’on quitte, de ce qui est quitté, de ce que l’on doit quitter, la question active (atroce ?) d’un vide qui fait toujours retour – se débarrasser des vieux habits, desquamer des vieilles peaux, « du passé faisons table rase », et autres quitus qui n’en sont pas (chute du « t »). Quitter : c’est la vieille antienne qui accompagne en grinçante sourdine les moulinages en tous sens de toute existence. Va avec, et lui est corrélative, y est imbriquée, la question de ce qui nous quitte, de l’abandon, de la perte, de ce blason de deuils que composent, en articulations et démesures à nulles autres pareilles, les figures d’expériences et d’événements dont chacun se trouve, à son corps défendant et son âme interdite, pourvu. La question existentielle  – qui quitte qui ? -, aussi intensément vécue soit-elle, dans la souffrance et la déréliction, demeure en suspens, s’inscrit en nous en un « Quitté-je ? » qui ne nous quitte plus : morceau de choix pour une revue.

KITEJ naît-renaît. Fondation de phosphènes, symphonie d’acouphènes, loque naissante surgissant du « lac dur oublié », te voici, encore que mal armée, et forte du seul Signe, appelée à figurer « Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui ». Ce sera prestance, et, au-dessus des miasmes et rumeurs fétides du temps, d’« un coup d’aile ivre » – envol du livre !

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OÙ N’ÊTRE SE CÉLÈBRE

«  il n’y a que le Vide, tout s’exprime par lui, à travers lui, autour de lui… »
Antonin Artaud, Vie et mort de Satan le Feu, « Fragments »
Paris, Arcanes, 1953.

 » … vous ne pourrez nier le Non-né, qui est l’esprit de
Bouddha, brillant et illuminant »
(Bankei).

« Ce qu’entend Bankei, c’est que le Non-né n’est pas une
abstraction vide ou une généralisation conceptuelle, mais
une idée individuelle vivante, vitale et concrète. »
D. T. Suzuki. T’Chan Zen, Hermès n°4, p.348-349.

N’être Roger Gentis (Flammarion).

O niais, infiniment
et plus qu’infiniment
niais,
qui ne l’est,
s’il croit qu’il suffit pour
être
de
Naître,
que l’autodit « Acte de Naissance » signe
derechef
l’entrée dans la vie,
la venue au monde,
l’ex-istence.

Eclatement des Naître
en milliards de small bangs
répercutant le Big:
sublime récompense,
royal couronnement
du long et tors cheminement
accompli,
enclos,
en un ventre cloqué.

Ah l’effrayante endurance, l’horreur
du siège soutenu,
solitaire,
dans l’Etrangère,
honni chaos,
tête cognant,
ô nos frêles fontanelles,
contre le bassin rocailleux,
gluant crâne glissant
entre les gluantes rives
du vagin époustouflé,
et l’on se pousse aussi sec
d’un petit cri altier,
sardonique,

(mais qui, au grand Jamais,
entendra le cri du Vide
qui se ferme !),

dont, vigiles, s’ébaudissent
parentèles et médicastres:
on est né
célébré né.

Et l’affaire suit son cours
qu’on dit du temps,
on n en revient pas
d’être né,

on n’en reviendra plus!

Chaque pas allé pose et passe
en célébration
et commémoration
de l’originaire
Naître,
chaque an tombé dans l’escarcelle du Temps
l’accrédite et le confirme
et l’exauce et le hausse
et fait houle et housse
du Naître,
linceul premier :

on s’y fait.

Naître triomphe, monte
en crue, capital et croyance,
méditation même, Incroyable
nourrissant le croire et le penser,
et Naître rayonne,
et c’est auras, auras
en cascades
gonflant autour de l’ineffable
noyau
de l’être né
rangé rayons
rayonné.

Mais dites: nais-je?
Nais-je en vérité? 0 terreur et
alors ardents appels
à ceux qui m’en content
et m’en assurent,
appels aux Irréfutables,
appels aux Proliférants,
appels à tous les Générants,
Géniteurs,
Générateurs,
Pères- Mères fondateurs-trices,
nommables- innommables,
agglutinés tous autour de la
Tête Hydrocéphale,
le Gros la Grosse,
l’Héros l’Eros,
beau daddy dieu gominé
et divinement gravide matrone
ensemble conjuguant
mamelles et phallus
pour inscrire en éternité
qu’on est né
généré.

Généré né, l’homme
se connaît et se reconnaît
né,
et de né à né
l’humanité se rassemble et se retrouve
et s’y mire:
lacs des naissances,
lactescences,
espèce d’essence lactée
– et que de lait, que de lait
de là se répand, dégorge, inonde:
cités érigées,
champs labourés,
prolifiques fabriques,
copulations intenses,
hurlantes assemblées,
massacres infatigables,
ô oui, tout chante
le Naître,
l’Etre-né de l’homme.


Et n’est
nulle porte franchie,
nul mot proféré,
nulle agile main,
nul jour levant,
nulle tombée de nuit
que le Naître
ne cueille et n’emporte en élan,
l’élan de l’Ainsi:
au Naître
l’Univers tout entier
s’est donné
rasséréné.

Un jour,
ce fou nommé Galilée vend,
allume la mèche
– ou fut-ce,
en un obscur et légendaire avant,
le Nazaréen croisant,
en croix unissant
le Naître de la Nativité
et le fabuleux N’être de la Virginité ?

Ceci fut :
l’homme, à peine né,
se pavanait
sur les hauts plateaux de la Création divine,
et soudain il est tout retourné,
il se voit,
basse tête,
en une Terre devenue
boule d’opacité
et malédiction,
grossesse et palpitation:
et grosse de quoi serait-elle,
sinon de non-nés?
et de quoi palpitante,
sinon d’un à-naître?
et sinon du non-être,
de quelle opacité?

Ainsi retourné
inné,
l’homme se voit remontant
en deça de son
Naître,
résorbant en lui
son être-né,
tandis que s’annonce,
à ses yeux illuminés,
la voie neuve du Vide,
terrifiante:
N’être !

Alors, contre la terreur du seuil,
le redouté retour
dans l’originaire et insondable giron,
une histoire s’écrit,
un monde se pense,
un futur se lie,
et renaissances et nouvelles naissances
partout se proclament
pour lester un être en perte du
Naître :
car il ne faut point que
n’être
soit!

(Mais qui donc,
énumérant ses cartes,
laisserait filer notre atout maître:
qu’un miracle de langue exalte l’uniphonie
fabuleuse
d’un
Naître
qui s’entend
N’être ?)

Eternel nominé,
abats le jeu!
Avenir cisaillé, libère-toi
de ton Acte de Naissance,
et vois comme Naître
s’allège, s’allège,
et comme avec lui se dispersent
les obscènes cochonailles
de la cochonnée humanité,
et comme l’Etre-né
se fend,
et défaille,
et se défile,
et de soi
se défait.

Pesanteur enfuie,
insubstantiel opaque,
on cisèle son ombre
sur le voile de Maya,
sur la crête de l’abîme,
dansant,
on culmine,
une nudité diaphane
épouse les plis d’un Vide
qui se réserve,
obstiné,
sur des fondations de phosphènes
s’élèvent des palais d’azur
infini …

Va, Inné,
déploie en toi l’espace du non-né
n’être se célèbre ;
dans la voie du Souverain
Rien t’attend,
morte-née,
vide sublime :

ta liberté.

II

Vint le temps du Naître

Je M’annonce

La plus haute réalisation humaine, c’est l’enfantement.

Ferenczi, sur George Groddeck, Le sondeur d’âmes, 1921,

Psychanalyse 3, Oeuvres complètes – Tome III : 1919-1926.

Tu m’. Marcel Duchamp, 1918. Huile et crayon sur toile avec trois épingles de sûreté, in écrou et un goupillon. 69,8 x 313 cm.

e (M)ortibus nasci(M)ur ad vita(M)

1

Advenant en naissance,

Mais ahanant à naître,

Animé de l’antérieur passionné désir

– « la lumière du jour, oui, je veux la voir ! » –

Et impatient, obstiné, tenace,

– « poussez, corps complices,

poussez, oui,

vers l’issue aux mille délices ! » -,

Il serait,

N’est-il pas vrai,

Convenable et avenant,

Nonobstant le douteux avenir,

Que

Je m’annonce. Mais :

Qui dois-je annoncer ?

Ici s’impose prudence

De ne faire nulle annonce

Qui en douceur ne se glisse

Par extrême délicatesse

S’adonnant le temps d’un lapsus

Au psaume d’un hosanna de grâce.

Or, « annonce » suspendue

À la patère du futur,

Demeure tout de même

En notre menue main : l’« m’ » –

Maintenant Mis en Majuscule, M’

Maître aniMateur de ce Menuet MêMe.

Au menu menuet de l’M’,

Faire gaffe que l’apostroph’e

Ne vienne jusqu’au cou se prendre

Dans les effilés jambages du M(oi) :

Si on laisse faire,

Ferait quoi

Ou resterait coi ?

2

Mais aïe :

Finement affûtée,

L’apostrophante pointe,

Hautaine virgule,

Dans l’M’ reste fichée,

Le titille, l’entaille,

L’encoche de déchirures moches,

Le perce à jour :

Ah ce miracle unique

Lorsque tant d’univers soudain s’avèrent

En cet M’ griffu

Qu’une pique apostrophique picote et picore !

Adossée à l’M’ triptyque,

Apostroph’e monte la garde,

Affectant carrure de mirador,

À surveiller altière

Les cohues enclaVées

Dans la cuVée

Profonde et secrète

– Voyez bien ce V vil cul-de-jatte –

De l’ M’.

Oui, danse, petite pointe danse,

Matant vives candeurs vantées,

Mais, de grâce, sache

D’une pichenette chuter

En évanescente virgule

Pour que chantent

Les hymnes naissants

D’M enfin libéré.

3

M, lettre Matrice, Matriciée, Matriciante,

Maternel M qui, au seuil du FatuM,

e Mortibus,

S’affirme souffle créateur qui époustoufle,

Elle se dit et elle dit, cette « haleine de vie » :

« M » s’entend « Aime »,

Élevant ainsi le primordial,

Vital et auroral amour

En éperdu amour qui,

Enceint du logos spermatikos,

Énergie condensée d’éros,

Ravive et ravit maintes vêtures temporelles

Fécondatrices d’humanité :

Ô Êtres éternels du Rêve et du Mythe,

Ô Ancêtres vigiles qui fûtes Maîtres du Feu,

Ô Aïeux partenaires Virtuoses des Plantes et des Bêtes,

Ô Géniteurs d’hier géniaux à ourdir Normes et Lois,

Et vous enfin, ô Mère ô Père premiers et ultimes en gloire

– « tes père et mère honoreras ! » – : oui, oui, voici l’inné M

En pleine puissance poussé

Affrontant toutes les figures du Monde,

Monde qui M’accueille et M’porte

En prodigieux holding !

4

M, fabuleuse bulle en cloque de tous les possibles,

Aux portes du monde tu piaffes,

Utérus allègre, tu machines, palpitante forgerie,

Tu couves, fastueuse couveuse,

L’infinitésimale chose qui crie « À l’être,

À l’être ! »

Dans l’étendue innommable et nombreuse du désir,

Et qui, en coup d’éclair, la traverse et la comble.

Et déjà le sein gonflé

Du lent lait de la tendresse humaine

Se tend et implore après la bouche avide

Qui le fera source

De la Canaan d’amour,

Terre humaine toujours et à jamais promise

Dans l’arc tendu du temps.

Indésirable à la folie d’être porté par le furieux désir,

M impérieux s’articule en charnel acharnement :

Bassin, tu t’écartèles, grinçante ossature, et craques,

Muscles, en vos saignants silences rugissez,

Et salut à vous, lèvres dupliques de délivrance,

Si savantes à dégainer,

Dévaginer jusqu’à l’outrance

Ce bélier entêté de fontanelles

Qui foncent en quête de nom,

Hurlante béance.

C’est alors qu’advint

ad vitam

Ceci :

Dans râles ordres et rites,

Gesticulations manipulations ululations,

Surgit chair vive,

Violente et suave,

Dans l’écart orchestré sanglant

Visant l’air et la lumière :

Dans la fulgurance du cri, c’est

– Adam-Aleph-Anonyme-Annonciation-Ah ! –

Le tout-petit être non-nommé

Qui, à peine survenant, proclame :

– « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ».

5

Ah,

Comme s’étendent,

Sous le prime primordial cri,

Ces illimitées plages d’éternité

Aux renaissantes ondes jamais lasses.

6

Écoutez, faites silence,

Il y a un temps pour la ténèbre

Et un temps pour la lumière.

M(oi), les mêlant,

Je M’annonce :

Larvaire encore,

Légion déjà je suis,

Atlas colossal

Portant sa hotte d’infini.

J’oxymore à tout berzingue :

J’ai poussé en vaillance les portes de la Vie,

Telle est ma royauté… Or,

Me voici de même,

Sans amen ni aménité,

Aux portes de la Mort,

Á toutes menaces acculé,

De cohortes de haine assailli,

Griffes de l’envie féroce plantées

À même ma pantelante chair.

7

Chorégraphie, sur psyché sans tain, d’M dansant,

Annonce de la lettre qui point n’obtempère :

Voyez comme M en Σ se rebiffe

Sigmoïde toutes équations,

Radieux sigmaternage

De bras en appel en attente tendus

Vers vaste ouverture au monde.

Voyez comme M en W bascule,

Bivalve mimant

Une tortue renversée pattes

Labourant folles le sol absent du ciel,

Bivulve en ardente soif

D’un souffle pollinique.

« Je », lui, est jardin d’éden, gracieux faciès

Où se mirent et se pressent

Et que peuplent, melliflues,

Mille merveilles du monde,

Mais, sinistre face,

Sous rude carapace,

« Je » est outre de fiel, suint

Insatiablement dégorgé dégluti.

Maintenant que je peux,

Je M’annonce :

Je suis Qui je suis

Qui je fus

Qui je serai,

Non pas, lapalissade pâle, âme en soi,

Mais ensemble toutes âmes autres et

Cumul d’âmes en moi,

Âme du mystère d’M’, âme eMMontée couroNNée :

Eclat d’une Majesté en suspens

Etourdissant enhardissant le Monde,

Car tel est notre Désir-Naître,

Et tel notre Aimer-Maître,

Par delà splendeurs et horreurs,

Par delà le bien et le mal.

8

Ainsi, qui que tu sois,

Sache que tu l’as tout à toi tout pour toi,

Le sublime temps d’être apostrophaïque :

Non-né, ne résiste pas à ton M’,

Généré né, ne résiste pas à ton M’,

Inné, ne résiste pas à ton M’,

Nouveau-né bien-né mal-né

Malmené,

Ne résiste pas à ton M’.

– Alors,

Nonce de toutes choses

Et hôte de toutes âmes,

Fleurira ton « Je »,

En semences diaprant la prairie univers,

En gerbes d’instants crépitants trouvères,

En arbres d’années qui te feront jungle,

En flèches clouant au firmament

Ses pointes luminaires.

– Ô M’,

Point-phonème et om du grand livre humanité

Voué à l’illiMitation,

M’haillon misérable et mortel même,

Né de trop, né en plus toujours,

Mais néanmoins prime miracle,

Ponctuation éblouie

D’infini et d’éternité.

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